Quand on a l’impression de ne plus progresser avec son cheval

J’écris cet article dans le cadre de la Calvacade des blogs , une première pour nous ! voici l’article de lancement si vous souhaitez-vous aussi y participer.  Ce mois-ci, c’est les Supers cavaliers qui nous propose le thème « Quand on a l’impression de ne plus progresser… ».

Moka est rentré dans ma vie il y a seulement 1 an et quelques mois…alors, est-ce que j’ai déjà ressenti cette phase de stagnation ? de découragements ? dure à dire…mais je peux dissocier deux périodes : la première lorsque Moka est arrivé et une deuxième période, sur du long terme cette fois ci. Toutefois, pour ces deux périodes (la 2ème est toujours en cours d’ailleurs), je ne considère pas avoir été dans une période de régression et ou de découragements, au contraire. Mais peut être que le partage de ma « petite » expérience, pourra parler à certains :).

Au tout début

Cette phase de stagnation, je pense l’avoir ressenti au tout début quand Moka est arrivé. Je voulais faire des choses avec lui autre que de balader mais je ne savais pas par où commencer. Moka, quand je l’ai eu, était clairement un cheval de balade et de groupe. Avant sa vente, il avait eu une formation de travail à pied et savait tout de même faire pas mal de choses ! sauf que moi…je n’avais aucun code de travail à pied. Ne parlons pas du travail monté. Moka restait tout simplement planté au milieu de la carrière sans bouger… il fallait alors y mettre toutes ses jambes pour obtenir ne serait-ce qu’un ridicule petit pas : avec du recule, je crois qu’ il ne comprenait pas vraiment ce que j’attendais de lui n’étant pas habitué à « travailler » dans ce nouveau lieu et aussi dans une carrière d’herbe : pas habituel pour tous les chevaux.

Seulement 1 ou 2 mois après qu’il soit arrivé, j’ai eu la chance de commencer le travail à pied en éthologie avec Elodie May. J’ai fait des cours pendant presque 1 an et j’ai beaucoup progressé. Moka aussi…mais je pense que c’est clairement moi qui avait besoin de cette remise à niveau. Toutefois, au début, Moka était un peu sur la défensive et stressé (le changement d’environnement, de propriétaire peut être ?). Ces cours nous auront vraiment permis d’entamer positivement et sereinement notre relation !

Suite à ces quelques cours à pied, nous avons également commencé le travail en liberté, le travail aux longues rênes, le travail « en longe » sur les barres…etc, et le travail monté au licol. Quand j’y repense, qu’est ce qu’on a évolué en 1 an. Cela n’aurait pas été possible toute seule ou du moins pas aussi rapidement.

Sur du long terme : le travail monté en extérieur

Si vous me suivez, vous connaissez le point faible de Moka : Il n’est pas très courageux, n’aime pas être en tête et a du mal à être en avant lors des balades. Mais c’est peut être aussi une affaire de couple ? je pense tout de même que c’est un peu dans le caractère de Moka. Au pré, c’est un éternel suiveur.

Les premiers mois où je l’ai eu, j’ai fait quelques tentatives montées toute seule…cela engendrai du stress chez moi car je ne connaissais pas bien ses réactions…il n’avançait pas tellement et quand j’insistais, il reculait sur plusieurs mètres.

j’ai donc privilégié les sorties à pied où je le montais parfois sur le retour dans des zones plutôt « sécurisées ». Ce qui a bien fonctionné. L’hiver est arrivé, j’ai fait une longue pause et je me suis concentrée sur mes cours éthologiques. En parallèle, je continuais à faire des balades en groupe !

Au printemps 2017, j’ai repris plus sérieusement les balades en tête à tête avec mon Moka. Il m’a beaucoup surprise sur certaines balades puis d’autres où il était plus sur la réserve, plus hésitant, plus inquiet…même si globalement, les progrès sont là. C’est également plus simple d’adapter mes réactions et mes demandes, car grâce à cette année axée sur le travail à pied, je commence à mieux connaitre Moka. Voici un petit article récent où je parle un peu de nos progrès en balade.

C’est un très long travail et il faut vraiment y consacrer beaucoup de temps pour voir des progrès. Il faut être extrêmement patient. Je sais de quoi je parle. Par moment, cela peut être un peu décourageant car on a l’impression d’y mettre une énergie folle pour de petits progrès mais c’est certainement aussi une histoire de temps, de patience, de persévérance…

En conclusion…que faire quand on stagne ?

Une pause

Par moment, quand on stagne, je pense qu’il peut être bénéfique de faire une pause quelques temps afin de prendre du recule sur la situation et pourquoi ne pas se concentrer sur une toute autre activité. C’est aussi le moment d’apporter un renouveau, de surprendre notre compagnon.

Se faire aider

Il m’arrive souvent de lire des cas de personnes un peu désespérées sur telle ou telle situation. Très souvent, d’extérieur, il s’agit d’un manque de recule. Et quand ces situations arrivent, on a souvent besoin d’une aide extérieure pour avancer de nouveau.

Faire des stages

Il peut être aussi intéressant d’aller voir ailleurs, de faire des stages,…etc notamment en auditeur libre où on est « sans » notre cheval ce qui nous permet d’observer et de ne pas en perdre une miette. Cela nous apporte de nouvelles idées ! personnellement, jusqu’à maintenant j’ai eu la chance de faire deux stages en auditeur libre. Un Stage avec Frédéric Pignon qui m’aura énormément apporté sur la lecture du cheval en général et un autre avec Sophie Daveau qui m’aura donné de nouvelles pistes de travail sur les blocages de Moka en balade.

Être progressif, définir des étapes intermédiaires

Aussi, la progressivité : nous avons tous des objectifs finaux. Dans mon cas, par exemple, celui de partir seule en balade. Avant d’en arriver là, il va falloir tout d’abord se concentrer sur de petits objectifs et avancer progressivement ! Par exemple, je profite des balades de groupe pour demander tout un tas de petites choses à Moka afin d’améliorer son indépendance. Je lui demande parfois de ne pas marcher en queue leu leu mais légèrement décalé par rapport aux autres quand cela est possible, j’essaye de faire attention à ce qu’il m’écoute et qu’il ne soit pas systématiquement entrainer par le groupe (en décalant les départs au trot, au galop…en demandant des arrêts alors que le groupe continue à avancer). Cela fait parti de l’apprentissage et de mon objectif final de partir seule en balade.
Tout ça pour dire que si l’on vise l’objectif finale sans étapes, on risque de vite se retrouver en difficulté et donc de stagner voir de régresser.

 

J’espère que cet article aura pu vous donner quelques pistes si vous vous trouvez dans cette phase de stagnation !
Je suis très heureuse de cette première participation à la « Calvacade des blogs » et je me réjouis de lire les prochains articles.