Clicker Training : embarquer son cheval dans le van

Voilà bien longtemps que je n’avais pas fait de séance de Clicker Training avec Moka.
L’occasion pour faire une séance de Van s’est présentée à nous (ou plus précisément camion).

Moka et le van

Moka a déjà voyagé mais je ne l’ai jamais transporté. La seule fois où je l’ai vu dans un camion, c’est le jour où il m’a rejoint ! nous étions séparés de 3h de route et j’avais fait faire le trajet par un professionnel. Il avait bien embarqué (en 15min) en méthode éthologique (malheureusement, je n’étais pas présente sur les lieux pour voir son embarquement). A son arrivée, il était transpirant et stressé. La route avait été longue. Il en gardera un souvenir un peu amer…je suppose.

Depuis, nous avons fait un entrainement en camion l’été dernier où j’avais réussi à le faire monter en entier et en douceur (en prenant vraiment le temps et en découpant l’entrainement par de nombreuses pauses).  Il avait toutefois eu une frayeur dans le camion… le faire monter en entier ce jour là, c’était certainement trop pour lui. Il n’était pas suffisamment détendu.

Début de l’entrainement : embarquer dans le van

Je commence ce second entrainement camion sans clicker avec des récompenses dans la poche. Je passe beaucoup de temps à le gratouiller devant le camion pour qu’il soit le plus décontracté possible. Cela fonctionne plutôt bien. Je le trouve serein. Il met rapidement les deux antérieurs sur la passerelle. Je récompense beaucoup. Je fais des pauses en l’écartant régulièrement du camion. On fait cela de nombreuses fois, mais on est bloqués à deux antérieurs sur la passerelle. J’essaye de mettre un peu de tension sur la longe pour l’inciter à monter un peu plus ce qui aura pour effet de le bloquer et d’activer sa mémoire « pilier » : il se met dans sa coquille. Il s’éteint, soupire, s’endort même, et fait mine d’être littéralement blasé…je l’ai perdu !

Embarquer dans le van : on introduit le clicker training

Je n’insiste pas et vais chercher la cible target de nez pour commencer l’entrainement au clicker ce qui a pour effet de réactiver l’envie de Moka. Ce qui est très chouette !

Petite parenthèse : Moka a un long passif avec le clicker training et une forte association positive. J’ai longuement utilisé le clicker au sein de son pré avant de l’utiliser en extérieur, par exemple : moins de stress pour lui, ce qui a contribué à donner une forte valeur positive au clicker. Quand vous débutez le clicker training avec vos chevaux, commencez par des exercices simples, sans passifs associés. Je conseille de commencer, par exemple, avec des exercices de target comme expliqués dans cet article. Par contre, je déconseille de commencer avec des exercices de désensibilisation qui peuvent être source de stress pour le cheval (même avec des gourmandises…mal utilisée, la récompense, peut être l’annonce de quelque chose de stressant…). Cela ne contribuera pas à associer le clicker training à quelque chose de pleinement positif. Les exercices de ce type doivent être abordés plus tard, une fois que le cheval est un peu plus avancé dans l’entrainement au clicker.

Pour en revenir à notre entrainement, cela fonctionne bien mais nous sommes rapidement bloqués. Je clique le fait que Moka touche la cible avec son nez. Dès que la cible dépasse les deux antérieurs sur la pacerelle, je le perds. Il essaye d’abord de s’étirer au maximum pour toujours atteindre la cible mais cela devient vite trop contraignant pour lui et pas assez payant. Il se déconnecte rapidement de l’entrainement.

Clicker training : l’importance du critère !

Je change de stratégie. Je laisse la cible de côté et je commence à cliquer les mouvements vers l’avant. Absolument tous les mouvements aussi petits qu’ils soient : Poids du corps vers l’avant, antérieur vers l’avant, postérieur vers l’avant…l’occasion de cliquer se fait alors bien plus grande. Le ratio de cliques est élevé ! je le laisse reculer si il le souhaite (c’était déjà le cas au début de l’entrainement). Moka devient alors enthousiaste. Ce que j’attends de lui est devenu très clair dans sa tête. Je continue à faire des pauses pour marquer les beaux efforts. Il est mignon car il fait glisser ses antérieurs vers l’avant cm par cm…c’est le rythme qu’il est capable de donner à ce moment là. Nous terminons l’entrainement. L’idéal serai d’entrainer cela chaque jour en augmentant très progressivement les critères. Par exemple, en ne cliquant plus les déplacements de poids du corps ou en ne s’axant plus que sur le déplacement des postérieurs (toujours au cas par cas et selon le déroulement de la séance). Si cela ne fonctionne pas, on ne s’acharne pas et on re diminue les critères. Je pense que la progression pourrai être alors rapide.

Pourquoi cette stratégie a fonctionné ?

  • Critère clair et précis par rapport à l’objectif final : se déplacer vers l’avant,
  • Objectif modifié : se déplacer vers l’avant VS monter dans le camion,
  • Ratio élevé pour difficulté élevée : à ce jour, monter dans un camion pour Moka n’est pas anodin. L’effort doit être payant.

Ce que je retiens de cette séance est l’importance du critère. Il doit être précis et cohérent par rapport au résultat final souhaité. Je n’ai pas de vidéo sous la main mais l’attitude de Moka, a pour moi, changé (il est devenu volontaire et motivé) à partir du moment où j’ai eu un plan et que j’ai changé mes attentes par rapport à ce qu’il pouvait me proposer : se déplacer vers l’avant et non le fait qu’il soit dans le camion à la fin de la séance.