Balade seule avec mon cheval cerveau droit introverti (rbi)

Hier, je suis partie en balade montée avec Moka. Cela faisait bien longtemps que nous n’étions pas partis sur une vraie boucle tous les deux…

Je ne vous cache pas que le tour aura été principalement fait à pied car Moka était particulièrement tendu malgré le fait que c’est une boucle qu’il connait par coeur. Il était dans un état tel par moment que je sais désormais qu’il n’est pas loin de l’explosion. Une pression trop forte (et je vous assure, qu’il n’y pas besoin de beaucoup) de ma part peut le faire exploser : il se cabre, rue et essaye tout simplement de m’échapper. Cela nous est arrivé 3 fois en 2 ans et heureusement toujours à pied. La première fois que c’est arrivé, mes jambes en tremblaient. J’ai eu peur et  je ne m’y attendais pas…Moka est hyper sensible et intériorise tellement même si quand on le voit, on aurai tendance à dire : « mais il est tout cool ce Moka ».

Durant notre balade, Moka a accumulé pas mal de tensions. Tout semblait prétexte à s’inquiéter. Je lui ai proposé des pauses pour brouter et manger quelques poires dans des endroits où il est habituellement très serein, mais la pression avait du mal à redescendre (il broutait par exemple de façon frénétique et remontait la tête régulièrement pour scruter son environnement).
J’ai fait quelques portions montées qui se sont bien passées…mais dès que Moka se tend ou contracte tout son corps, personnellement, ça ne m’intéresse pas de courir à la catastrophe ni de le faire monter en stress. J’essaye de demander son attention (flexion, pas en avant) si cela est possible (car si il est figé, il est juste complètement déconnecté) et je descends.

Mauvais caractère ? Il a du caractère mais pas mauvais caractère. Certes, il a la génétique du poney et parfois quelques idées bien précises, toutefois toujours légitimes. Il peut aussi rapidement monter en frustration (en présence d’herbe par exemple). Il a du caractère mais quand il explose, il a juste tellement intériorisé et encaissé, que quand ça sort, il faut que ça sorte…

D’après le horsenalities que vous pouvez retrouver dans cet article et d’après mes observations, Moka est un introverti à forte tendance cerveau droit quand on le sort de sa zone de confort.

Nouvelles expérimentations suite au stage en auditeur libre fait avec Matthias Geysen

Suite au stage en auditeur libre fait avec Matthias Geysen que je vous résume dans cet article, j’ai décidé de modifier ma façon de réagir quand il s’arrête (quand je suis à pied).

Jusqu’à présent, je l’attendais, le laissais regarder…puis quand c’était ok pour lui, il repartait de lui même. Les progrès grâce à cette « méthode » je suppose, c’est qu’il repart de lui même et ne bloque plus littéralement sur place. Cela a peut être aussi permis de repartir sur des bases saines, de lui faire comprendre qu’on avait le temps. Pas de pression.

Mais là où ça ne progresse pas, c’est qu’il continue à s’arrêter et souvent aux mêmes endroits : particulièrement dans les environnements riches (villages). Quand il est « bloqué », il scrute l’environnement. Il est raide, figé, vraiment bloqué. Il est dans son monde et il m’est très difficile de le reconnecter à moi. Je sens bien qu’il ne peut pas. Son cerveau est off.

 L’idée serai que lors de ces moments de doutes et manque de confiance, il puisse se référer à moi. Si je suis calme, aucune raison de paniquer.

J’ai donc, cette fois ci, essayé de le relancer dès la première seconde où il se fige : claquements de langue, changer de côté, changer de direction… bref autant de possibilités juste pour le débloquer rapidement et couper le processus dans lequel il est en train de se mettre, sans pour autant lui mettre de pression.

Instaurer une bulle de calme avec son cheval

Sur le retour de la balade, Moka était particulièrement pressé. J’ai fait une partie montée qui s’est très bien déroulée.
J’ai terminé la balade à pied : il dépassait régulièrement mon épaule pour filer tout droit et rentrer le plus rapidement possible.
Dans ces moments là, je m’arrêtais et tentais de ne mettre aucune énergie dans mon corps tête baissée en essayant d’être la plus calme possible (sans le regarder, sans mettre de pression et simplement en tenant la longe pour ne pas qu’il parte : Moka cède bien à la pression, il a donc tourné autour de moi au début mais ce n’est pas grave, cela a vite cessé. Je ne voulais pas lui mettre de pression. Moka est très respectueux et ne cherche pas à me marcher dessus ou me bousculer). Peu à peu, je l’ai vu se connecter à moi et s’apaiser. Dès qu’il se connectait, patientait quelques secondes, on repartait en direction des écuries. Je lui offrais davantage de confort par moment en y ajoutant un bonbon lorsqu’il se connectait rapidement, j’ai aussi profité des moments de connexion pour désangler et lui apporter un confort supplémentaire, ce qui me semble, lui a apporté de l’apaisement. A la fin, Moka était attentif à moi et faisait vraiment l’effort de rester à mon épaule et de se caler à ma vitesse. Cela a bien duré 20 minutes. Il faut être patient et calme mais cela a fonctionné.

Matthias Geysen nous a fait une démonstration au stage avec un jeune cheval qui ne tenait pas en place et qui avait pour seule idée de sortir du manège. Matthias Geysen l’a pris de longues minutes en main dans un calme absolu. Il a expliqué qu’il fallait toujours être calme. Ainsi les rares moments où le cheval se connectait à lui, celui-ci pouvait « bénéficier » de l’apaisement de Matthias Geysen. Cela allait durer juste 2 secondes au départ. Au bout de 2 secondes, le cheval retournait alors dans sa phase émotionnelle « catatonique »…puis quelques temps après, il se re-connectait à lui. Cela durait un peu plus longtemps que la fois précédente (peut être 4 secondes)…etc…etc. Voyez-vous l’idée ? il faut être certes patient et calme. Il faut montrer au cheval que chez nous « tout est ok », « tout est calme et apaisement ». Parfois, cela nécessitera plusieurs séances.

Les comportements appris au Clicker Training pour apaiser

Durant quelques moments à pied de cette balade, j’ai utilisé quelques « comportements » que l’on voit très régulièrement au clicker training. Déplacer les épaules, reculer…avec un haut niveau de renforcement (peu de demandes fortement récompensées).

Cela le re-connecte et l’apaise dans les moments où il semble se perdre dans ses angoisses.

C’est comme une boite à outils très efficace ! Je fais beaucoup d’entrainements clicker au sein du pré avec les copains (sereinité, confort +++). Je suppose que pour Moka, cela a contribué à donner une forte valeur positive à cet outil.

Pour conclure

Je suis contente de cette balade. Tout s’est finalement bien passé malgré la tension évidente de Moka. On a réussi à garder le cap ! à ré instaurer le calme quand nécessaire.

Quand Moka est connecté et bien dans son corps, c’est un super loulou : réactif avec une bonne sensibilité. A l’écoute et volontaire. Rênes longues au licol en permanence, il s’arrête à la voix, part au trot et au galop à la voix… la direction au licol est vraiment devenue légère également et cela était un vrai problème au début (il était très lourd et s’y opposait beaucoup) : là aussi il y a des progrès, vous ne pouvez pas imaginer mais cela a demandé beaucoup de travail en amont…cela reste globalement très positif.

Ce qui manque à Moka est cet apaisement intérieur. J’espère pouvoir l’aider et contribuer à lui apporter cet apaisement, en tous les cas en ma présence, même si il est aussi important de prendre en considération d’autres paramètres.

Evidement, hier était un jour plutôt sans pour Moka…il n’est pas tout le temps comme ça. Je pense qu’il y a des raisons autres à cette tension : Le retour du froid, le vent…Il y a des périodes, où il est mieux dans ses pattes.